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Les magiciens sont des champions dans l'art de tromper l’œil. Depuis quelques années, des scientifiques spécialistes de la vision s'intéressent aux "astuces" des magiciens et élaborent une nouvelle science: la neuromagie.
1 - La neuromagie :
La neuromagie est née suite à la rencontre de la magie et des neurosciences (soit les études du système nerveux) . Elle vise à mieux comprendre des fonctions telles que l'intention ou l'attention grâce aux illusions cognitives que forgent les magiciens.
Les scientifiques spécialistes de la vision rencontrent depuis quelques années des magiciens et apprennent leurs « astuces » de façon à élaborer cette nouvelle science.
En réalité, les tours de magie fonctionnent grâce aux processus de l’attention et de la conscience (qui font partie intégrante du fonctionnement du cerveau) pouvant être mis en défaut.
Ainsi, en comprenant la manière dont les magiciens utilisent les failles de notre cerveau, les scientifiques espèrent préciser les mécanismes cognitifs mis à l’œuvre dans les stratégies publicitaires, les négociations professionnelles et les relations sociales.
En réalité, les tours de magie fonctionnent grâce aux processus de l’attention et de la conscience (qui font partie intégrante du fonctionnement du cerveau) pouvant être mis en défaut.
Ainsi, en comprenant la manière dont les magiciens utilisent les failles de notre cerveau, les scientifiques espèrent préciser les mécanismes cognitifs mis à l’œuvre dans les stratégies publicitaires, les négociations professionnelles et les relations sociales.
Selon les chercheurs, la magie peut nous apprendre beaucoup sur le fonctionnement de notre cerveau car un tour de magie consiste ni plus ni moins à abuser notre cerveau.
2- Alors, quel est le "truc" des magiciens ?
Tout d'abord, la réussite des tours de magie est possible grâce à la facilité du magicien à attirer l'attention du spectateur loin de ses "astuces" secrètes. Ainsi, les magiciens manipulent le point de focalisation et l’intensité de l’attention humaine, contrôlant ainsi à tout moment ce dont on est conscient ou non.
Pour cela, ils utilisent différents types d’illusions:
• Des illusions visuelles telles que les images rémanentes.
• Des illusions d'optique telles que la fumée et les miroirs.
• Des effets spéciaux comme les explosions, l'éclairage minuté...
Pour cela, ils utilisent différents types d’illusions:
• Des illusions visuelles telles que les images rémanentes.
• Des illusions d'optique telles que la fumée et les miroirs.
• Des effets spéciaux comme les explosions, l'éclairage minuté...
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En ajoutant à tout cela une grande dextérité , un grand talent de persuasion, des dispositifs secrets et des trucages, le tour devient « magique » !
Cependant, l’instrument le plus utile à la magie est la capacité des magiciens à créer des illusions cognitives : des erreurs de perception, d'évaluation, d'interprétation logique généralement inconsciente empêchant ainsi le non-initié de saisir la réalité de ce qui se passe effectivement.
Les célèbres illusions cognitives sont les plus intéressantes. De la même manière que les illusions visuelles, ces illusions masquent la perception de la réalité physique. Cependant celles-ci ne sont pas sensorielles et impliquent des fonctions cérébrales telles que l’attention, la mémoire et l’inférence causale.
3- Quelques tours :
Imaginez !
Au début de son tour, le magicien annonce qu'il va changer la couleur de la robe blanche de la jeune femme en rouge. Alors que les spectateurs ne quittent pas des yeux l'assistante, le magicien claque des doigts, la lumière des projecteurs faiblit avant de rejaillir dans un embrasement de lumière rouge. La robe de la femme devient alors rouge, grâce aux lumières. Les spectateurs sont surpris car ils ne s'attendaient pas à un jeu de lumière mais plutôt à un véritable tour de magie. Le magicien est ravi de sa petite plaisanterie.
Le magicien demande au public de rediriger leur attention une nouvelle fois sur son assistante le temps qu’il rallume les lumières pour le tour suivant. Il frappe dans ses mains, la lumière des projecteurs faiblit de nouveau avant de baigner la scène d’une lumière intense….. Mais attendez ! La robe est vraiment devenue rouge !
Explication :
Tout d'abord, le fait que la robe soit très ajustée fait penser aux spectateurs qu’aucune autre robe ne peut être cachée dessous, ce qui est pourtant le cas.
De plus, la jolie jeune femme et sa robe attirent les regards des spectateurs : plus le spectateur observe la jeune femme, moins il voit le dispositifs cachés dans le sol et plus ses neurones rétiniens s’adaptent à la lumière
et à la couleur rouge.
Pendant que le magicien discute après sa petite blague, le système visuel des spectateurs subit un processus cérébral nommé adaptation neuronale : les neurones finissent par ignorer un stimulus statique, ils n’émettent plus aucun signalent, pour être à nouveau prêts quand la stimulation changera. Quand le stimulus constant s’éteint, les neurones réagissent alors en émettant une sorte de « rebond », nommé postdécharge.
Ici, le stimulus qui engendre l’adaptation cérébrale est la robe éclairée en rouge, et le magicien sait que l’activité des neurones rétiniens des spectateurs rebondira pendant une fraction de seconde quand on baissera les projecteurs. L’audience continuera à voir une image rémanente rouge ayant la forme de la femme. C’est au cours de ce court laps de temps qu’une trappe s’ouvre et arrache la robe blanche grâce à des filins invisibles.
Ce qui permet à ce tour de fonctionner sont les lumières : elles sont si intenses que lorsqu’elles s’atténuent, les spectateurs ne voient ni les mouvements des filins ni la robe blanche qui disparait sous la scène car il se produit une cécité temporaire, celle-là même qui se produit quand vous passez d’une rue très lumineuse à un magasin obscur.
Le magicien lance une balle en l’air et la rattrape plusieurs fois de suite sans incident. Mais, lors du dernier lancé, il fait simplement semblant et sa tête et ses yeux suivent l’élévation imaginaire de la balle qui est en réalité cachée dans la main du magicien. La plupart des spectateurs sont persuadés d’avoir vu la balle montée et disparaître à mi-parcours. Pourquoi ?
Il a été démontré que les spectateurs ne regardaient pas l'endroit où la balle a disparu. En réalité, les déplacements de la tête du magicien orientent inconsciemment l’attention des spectateurs vers la position prédite de la balle. Or, les neurones réagissant au mouvement implicite de la balle se situent dans les mêmes régions cérébrales visuelles que les neurones sensibles à la trajectoire réelle. Et si les déplacements supposés et réels activent des circuits neuronaux similaires, il n’est pas surprenant que l’illusion soit si réaliste.
Ici, l’illusion produit en fait une inférence causale. A force de voir la balle être lancée et retomber, au dernier lancé, le cerveau s’est préparé à voir la balle s’élever. Cela explique que certains spectateurs affirment avoir vu la balle montée. Seulement, une fois le stimulus disparu, le spectateur se rend compte qu’en réalité aucune balle n’est en l’air, il croit donc à une disparition.
· • La cuillère flexible :
Un magicien secoue une cuillère et son manche paraît flexible.
En réalité, les neurones du cortex visuel primaire qui réagissent à la fois aux mouvements et aux extrémités des lignes ne répondent pas aux oscillations de la même façon que les autres neurones du système visuel. D’où une contradiction visuelle entre les extrémités d’un stimulus et son centre : l’objet solide est perçu comme se pliant en son milieu.
• Les gestes du magicien :
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| Le magicien Apollo Robbins |
Une autre astuce réside dans la pantomime des magiciens, de grands gestes aériens et de petits mouvements rapides.
Notre système visuel dispose de deux types de mouvements oculaires. Celui des saccades pour sauter d’un point à un autre lors d’un mouvement rectiligne rapide, et celui de « poursuite » pour suivre les trajectoires courbes. En traçant des gestes larges et courbes, le magicien oblige notre système à une très forte activité neurale et à se mettre en mode «poursuite». Un bon moyen de détourner l’attention.
Pour conclure, les magiciens créent donc des illusions cognitives, qui impliquent des fonctions cérébrales de haut niveau comme l’attention mais aussi la mémoire et la conscience.
Nos sources :
Magazine pour la science n°377 Mars 2009
Magazine pour la science n°377 Mars 2009
http://www.cerveauetpsycho.fr/



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